Je veux sentir la paresse

De tes gestes, de tes caresses,

Moi qui fus la maîtresse

De nombres de tes promesses.

J’ai tellement besoin de toi,

Et du son de ta voix,

De ces mots qui m’émoient,

De personne, seulement Toi.

J’ai tellement besoin de dire

Que tu es mon avenir

Que ma large bêtise,

J’avoue avec franchise,

Est que je t’idéalise.

J’ai besoin de ton corps,

Je veux entendre « d’accord »,

Pouvoir te dire « encore » ;

Amour, je ne peux t’aimer plus fort…

Je ne peux t’aimer plus fort,

Je t’aime, je t’aime, jusqu’à la mort…

Pourtant, je ne suis digne de toi. 

Je t’aime à en crever, et malgré tout cela

Il y a quelqu’un que j’aime davantage que toi.

Et cet individu-là, c’est moi.

J’ai bien trop d’amour-propre pour ne pas m’obéir,

Sache que si un ordre vient de toi,

Que je ne l’accepte pas,

Aux caprices de mes desseins, je ne pourrai rien prédire.

Là, mes dires prennent un registre pathétique,

Je dirais même polémique.

Amour, ne m’en veux pas,

Je ne le présagerais pas.

Ainsi, à la troisième place, je t’ai posé,

Amour, je serai toujours à la recherche de moi,

En l’occurrence, ma complémentarité

S’achèvera en l’art, et puis aussi en toi.

Écrivaine que j’aspire à devenir,

La perfection que je souhaite conquérir,

Notre avenir que je désire bâtir,

Le lieu du bonheur où je veux parvenir.

Je te rendrai malheureux,

Nous désirerons mieux,

Fétide, je finirai à tes yeux,

Tandis qu’aux miens, tu seras heureux.

Tandis qu’aux miens, tu seras heureux…

Oh, je sais, égoïste je suis !

Malgré tout, voilà ce que je prédis ;

Vois-tu, avec la femme que je suis, tu souffriras ;

Malgré mon aveugle amour pour toi,

Malgré le fait que mon bonheur, c’est toi.

J’ignore si ton but est de me consolider,

Mais ô, non aisément, tu me feras changer,

J’aime trop ma personne pour qu’elle soit affligée,

Je suis quelqu’un de grande vanité.

Parce que je suis une femme

Parce que je méconnais mon âme.

Amour, remarques-tu que j’ai évolué  ?

Que mon point de vue a dévié  ?

Qu’influente est ma fierté  ?

Que ma vie t’est dévouée  ?

Que mon futur t’est destiné  ?

Ainsi sont mes frayeurs, mes appréhensions.

Bien que tu aies réfléchi, me connais-tu assez  ?

N’auras-tu pas, un jour, l’envie de déserter ?

J’ai confiance en toi, mais j’ai mon opinion.

Méfie-toi des « non » dans notre relation.

Pardonne ma niaiserie,

Oublie ce que j’ai dit.

Juste un peu, au fond de ton âme,

Fais en sorte d’avoir l’image

Nette et précise de mon visage.

Et par la suite, tourne la page…

Ma vie est un intégral roman

Dont l’existence repose sur ta venue.

Une simple heure sans toi est un an,

Une simple heure avec, mon corps est chancelant,

Ma voix étouffée et mon cœur, mon cœur mis à nu.

Je t’aime, tout simplement…

Fin été/début automne 2004


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